Parle-la ta chanson ou la révolution de la radio québecoise

Dans le bel état qu’est le Québec, le média le plus accessible est sans aucun doute la radio. En Abitibi, comme presque partout ailleurs dans la province, les radios diffusent beaucoup de musique et de publicités, mais on y retrouve peu de discussions ou de lignes ouvertes, sauf si c’est pour parler de sport ou du Canadien de Montréal.

Dans le microcosme de la ville de Québec,  la radio a évolué différemment du reste de la province. La radio chantée a fait place a la radio parlée et, depuis quelques années, la démocratisation de ce média a fait pousser des lignes ouvertes comme du pissenlit. C’est comme si un mouvement ponctuel de révolution était né pour s’opposer pacifiquement au parlement.

Il faut comprendre qu’au Québec les médias sont généralement peu réactionnaires pour maintes raisons. D’un côté, il y a le groupe de Québécor Média dont les journalistes ne peuvent faire autrement que de suivre la ligne de pensée dudit groupe. De l’autre côté, il y a Radio-Canada qui sont si intimement liés au gouvernement qu’ils ne sont pas en mesure de s’exprimer fortement contre celui-ci. Et cette tendance est grande dans les médias québécois.

Voilà pourquoi je trouve intéressant d’analyser la radio qui se fait dans la ville de Québec. Prenons comme cas d’analyse la station le 93.3. Au dire de plusieurs, c’est une station qui se classe dans la catégorie des radios poubelles. Mais pourquoi donc cette appellation? Parce qu’elle critique les décisions des gens au pouvoir? Je ne crois pas.

Dans un premier temps, c’est une radio qui repose sur les opinions de ses animateurs et non sur le fait de diffuser les plus grands tubes de l’heure. Personnellement, j’aime bien ce genre de radio car, en théorie, il est possible d’aller explorer des sujets moins populaires mais qui sont tout aussi importants. Au cours de leurs émissions, leur intention est souvent de créer un mouvement de changement en utilisant la discussion. Ils s’opposent, discutent,  et critiquent pour transformer le présent, faire bouger les choses.

Malgré leur bonnes intentions, leurs discussions portent souvent en elles un discours assez démagogique et teinté de leurs couleurs politiques. Et c’est là qu’il faut rester vigilant. Bien que les animateurs aient de bonnes intentions, les moyens que ceux-ci utilisent afin de créer des polémiques dans le but de de s’attirer un grand auditoire sont dangereux et peuvent venir induire l’auditeur en erreur.

Je crois malgré tout que l’appellation de Radios Poubelles est un terme qui est utilisé un peu trop à toutes les sauces. En effet, ce tag est maintenant utilisé pour caractériser les radios parlés et d’opinions et cela est très dangereux. Cela peut avoir pour effet de diminuer, voire arrêter, tout mouvement de changement. Alors, maintenant que la radio parlée a pris sa place, il ne reste maintenant qu’à l’utiliser à bon escient.

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