Être comme un comme

À l’époque à laquelle j’ai été dans mon école secondaire nous, les adolescents, nous nous définissions énormément par la musique. Alors que l’institution privée dans laquelle j’évoluais nous obligeait à porter l’uniforme, le moyen le plus évident de se diviser en ‘’gang’’ passait par la comparaison des goûts musicaux de tous et chacun. Personnellement, j’ai toujours trouvé mon compte avec des styles et des groupes musicaux (punk-rock, métal, ska, etc.) qui sont quelque peu en marge de la culture populaire de masse.

Récemment, sur mon ordinateur de l’époque, j’ai retrouvé le fichier contenant toutes les chansons que j’écoutais à ce moment-là. C’est donc avec un brin de nostalgie que j’ai recommencé à écouter ces «classiques». Certains de ces groupes ne passeront pas à l’histoire, mais je dois dire que d’autres, comme les Vulgaires Machins, sont toujours d’actualité.

Dans ce cas-ci, une chanson en particulier a (re)capté mon attention. Elle se nomme «Être une comme». Étant un futur enseignant au secondaire, cette chanson m’a fait grandement réfléchir sur l’évolution dans la manière dont la quête identitaire s’effectue depuis que les jeunes sont bombardés par la culture de masse contemporaine.

Avant la révolution industrielle, cette recherche intra personnelle passait bien plus par un cheminement de réflexion et d’introspection fait seul ou avec l’entourage intime d’une personne. Il y avait beaucoup plus de place pour que l’individu s’affirme en tant qu’être indépendant, suivant ses réels besoins.

Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile et complexe pour un adolescent de se définir en tant que personne car ils sont assaillit par un trop grand nombre de sources d’influences différentes. Bien que cette dernière affirmation puisse être perçue comme positive, il ne faut pas oublier que la plupart d’entre elles proviennent de la culture de masse et que, comme le dit si bien Guy Debord, le but de la culture de masse est de soustraire les aspirations des individus (leur besoin) pour les remplacer par des désirs factices.

Dans la chanson «Être un comme» certains passages ont poussé la réflexion un peu plus loin.

Le premier est

«Ça coûte cher être un comme»

Cet extrait vient démontrer que la recherche identitaire, ce besoin individuel, se crée maintenant par une définition du soi qui passe par l’argent et par le capitalisme. On ne se définit plus par nos valeurs mais bien par LA valeur, celle de nos objets, de notre superflue. La jeunesse d’aujourd’hui va elle aussi dans la même direction. cela m’amène au deuxième extrait de la chanson.

«Jeunesse de Punk incorporée en culture d’abondance de fond de garde-robe »

Cette antithèse renforce bien l’idée que le capitalisme est incrusté jusqu’au plus profond de notre société. Même le mouvement de révolte «Punk» est maintenant corrompu par la surconsommation et la définition du soi par l’objet. On est bien loin des révoltes de 1968.

Alors chers lecteurs, je vous pose la question; qui pensez-vous être et surtout, mais surtout pourquoi l’êtes-vous?

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