Hollywood Coliseum

À la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale, Théodore Adorno et Mark Holkheimer fondent l’école de Francfort qui se veut être un institut de recherche sociale ayant comme mission l’analyse ainsi que la compréhension de la propagande, principalement celle nazie. Alors que le troisième Reich tire à sa fin, ces deux chercheurs, alors immigrés aux États-Unis, sont en mesure de continuer leur analyse des médias dans leur pays d’adoption. Ils ont en effet pris le temps d’observer la télévision et le cinéma américain pour en arriver à la conclusion que les mêmes mécanismes de la propagande nazie pouvaient être étudiés dans les médias américains. Du côté des États-Unis, la propagande médiatique tente par tous les moyens d’imposer l’idéologie du capitalisme dans le subconscient des habitants. Cette idéologie prend la forme très connue du rêve américain. Cette nouvelle manière perverse d’utiliser le cinéma et la télévision suscite ici une réflexion quant au rôle d’Hollywood dans la machine propagandiste.

Dans l’histoire récente du monde de la propagande, l’outil de prédilection des têtes dirigeante des États-Unis afin de passer leur message patriotique est sans aucun doute le cinéma hollywoodien. Comme le soutient si bien l’école de Francfort, celui-ci offre un rêve (américain) dans lequel le téléspectateur peut s’engouffrer et oublier ses problèmes et les enjeux de son temps.

Dans cette optique, je me questionne sur la pertinence de considérer le cinéma comme un art. Si l’art est avant tout une forme d’expression de l’âme, je ne crois pas que le cinéma hollywoodien est de l’art, mais plutôt l’art de faire taire les foules. Comme le gladiateur d’autrefois, l’acteur d’aujourd’hui est devenu le héros du peuple. À la solde des producteurs et de l’argent, ce surhomme moderne porte en lui un combat factice, qui sert à détourner l’attention des gens vers d’autres mondes et d’autres problèmes tout aussi réels les uns que les autres.

Panem et circenses! 

À mon humble avis, cette expression datant de la Rome antique représente bien l’utilisation d’Hollywood et du cinéma dans l’ère de la propagande moderne. Il n’y a pas si longtemps que cela, les foules ne savaient pas vraiment lire et écrire. Elles étaient alors tellement faciles à contrôler et à berner. Aujourd’hui par contre, si l’on veut bien gouverner il faut utiliser des moyens plus élaborés et pernicieux afin d’arriver à nos fins. Et quoi de meilleur que le cinéma? Les films Hungers Games sont pour moi un des meilleurs exemples de détournement de la pensée. Dans le cas échéant, des districts exploités s’allient afin de faire tomber le méchant capitole qui les exploitent. Dans la vraie vie, des millions de personnes sont exploitées par les grandes compagnies et les gouvernements de ce monde. Ce phénomène s’observe tant par la surtaxation des classes moyennes que par les usines de production de masse qui emploient des ouvriers en leur donnant des salaires de crève-faims. Par contre, ici la révolte n’est pas aussi virulente puisqu’elle est vécue à travers le cinéma. Il fait vivre au téléspectateur ses émotions de rage et de ressentiment dans une salle fermée au lieu qu’il sorte dans les rues manifester. Ah! Quelle belle utilisation d’Hollywood! Pour conclure sur une belle citation, je traduirais même «Panem et circenses!» d’une manière moderne par «Popcorn et dystopie!»

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